Amza Gamal-OSA

Amza Gamal (Pdt OSA): « Acquérir un terrain de qualité sera le plus important »

Amza Gamal, président-fondateur de l’Olympique sport d’Abobo (OSA), a tendu la perche à plusieurs professionnels dont Traoré Lacina, Diarrassouba Viera, Sanogo Sékou qui ont fait leur premier pas dans le football.

Quinze après la naissance de l’OSA, Amza Gamal revient sur ses débuts difficiles et partage son rêve de voir tous « ses enfants » réussir.

 

Amza Gamal-OSA

 Qui est Amza Gamal ?

Je me nomme à l’état civil Sylla Hamoudjata connu plus connu sous le nom d’Amza Gamal.

Je suis formateur de base, de naissance. Je suis le président de mon centre,  l’OSA (Olympique sport d’Abobo) créé en décembre 2001. Cela fait donc 15 ans aujourd’hui qu’on existe.

Je travaille depuis des années avec des jeunes dévoués comme Ouattara Inza et N’guessan Fabrice qui sont avec moi depuis près de 13 à 14 ans.

 

 D’où vous est venue cette passion pour le football ?

D’abord comme tout jeune africain, j’ai aimé le football depuis le bas âge et j’en suis un grand fan.

De toute ma famille, je suis le seul qui aimait le football depuis tout petit mais malheureusement ce n’était pas l’idée de mes parents de me voir y évoluer.

Mes parents ont voulu que je fasse l’école coranique et vaquer ensuite à mes occupations. Du coup, j’ai fait  tout un tas de métiers comme cireur de chaussures, vendeur de poisson fumé pour ma maman au marché, pousse-pousse, menuisier ou aller me débrouiller au port etc…

En tout cas je pouvais tout faire sauf le football alors que le foot était ma passion, ma vie.

Comme je ne pouvais pas jouer parce que mon père me l’avait interdit, je ne pouvais que supporter des équipes.

Plus tard, comme mon père avait pris un certain âge et que moi j’avais grandi,  j’ai donc commencé à jouer au football jusqu’à ce que des soucis de santé me fasse tout arrêter.

Mais à cette époque, j’évoluais dans le centre de mon formateur monsieur Kouadio Bernard, c’est ce dernier qui m’a fait intégrer son équipe  le Racing club dont les deux propriétaires étaient MM Kouadio Bernard et Koné Moussa.

Là-bas quand j’ai arrêté le football, je m’occupais des équipements et des matériels. J’étais en quelque sorte comme un ropero et à force de travailler dur je suis devenu par l’aide de Kouadio Bernard un formateur.

Moi, je voulais peu importe le travail, être dans le football et que ce soit entraîneur, supporter et autre, tout m’arrangeais.

Je n’ai pas pu faire carrière dans le foot mais par la grâce de Dieu aujourd’hui, je suis formateur-président d’un centre que j’ai moi-même bâtit de mes doigts.

 

Quelles sont les conditions d’intégration du centre OSA ?

Concernant les conditions d’intégration dans mon centre, tout est gratuit.

Je le dis haut et fort tout est gratuit. Je fais mes recrutements gratuitement ainsi que la distribution de tous les équipements. Ce qui veut dire que tous les gamins chez moi peuvent avoir quatre à cinq tenues gratuitement qui sont repartis comme suit deux ou trois pour les entrainements, une pour venir à l’entrainement  et une autre pour les matchs.

Imaginez-vous, avec près de 100 joueurs ou plus ça compte beaucoup de millions. Je n’ai pas d’entrées mais quand tu veux développer ta structure, il faut mettre et chercher les moyens. Je me bats pour la réussite des jeunes et pour qu’ils soient présentables. Raison pour laquelle je travaille pour avoir les meilleurs, qu’ils aient un avenir merveilleux et que tous, nous soyons heureux.

 

Amza Gamal-OSA

Comment vous voyez Amza Gamal dans dix ans ?

 

Dans dix ans, j’aurai 46 ans et j’espère que je ne prendrai pas assez de poids que j’en ai aujourd’hui.

Dans dix ans, je me verrai combler pour avoir aidé l’humanité parce que j’aurai fait de beaucoup de jeunes des gens bien, la fierté de leur famille respective car beaucoup auront fini leur carrière, seront à la hauteur dans de grands clubs européens.

Mon centre et mon club seront dans des divisions supérieures et défendront les couleurs ivoiriennes dans des coupes d’Afrique au niveau des clubs.

Je me vois important dans dix ans surtout au niveau de ma commune en étant dans la direction.

Dans dix ans, je ne vois que de belles choses.

Maintenant, il ne reste que la santé car sans elle aucun de mes projets ne pourront aboutir comme je le veux.

 

Quels sont les projets de Amza Gamal ?

 

Mes projets sont d’acquérir un bon terrain, un terrain de qualité, un internat (pas forcement obligatoire) car sans internat on fait du bon travail déjà, on a formé des joueurs de qualité  donc si on a un bon terrain ça sera le plus important.

Mes projets restent d’acquérir un bon terrain et avoir un car pour les déplacements lors des matches à l’intérieur car le transport me revient très couteux.

Avoir un bonne pelouse digne de ce nom, créer des internats pour avoir mes joueurs sur place pour mieux les encadrer même si j’ai eu des joueurs comme Traoré Lacina, Diarrassouba Viera, Sanogo Sékou….

Je souhaiterais dans l’avenir avoir des joueurs qui évolueront dans des clubs comme l’Atlético, City, Barcelone, Bayern, Liverpool et autres…

 

Combien de joueurs avez-vous déjà fourni en Ligue 1 et à l’international ?

 

J’ ai fourni de nombreux joueurs qui sont un peu partout dans le monde. Ici en Côte d’Ivoire dans le championnat, j’en ai fourni près d’une cinquantaine et bien d’autres tant en D1, D2, D3.

En tout cas chacun évolue à son rythme pour avoir le niveau qu’il méritera d’avoir plus tard sinon la prestigieuse académie de l’Asec regorge près de 10 de mes joueurs.

 

Quel est le lieu d’entrainement de l’OSA ?

 

Depuis sa création, nous nous entrainons dans une école primaire public situé à l’Habitat (Abobo) et cette école s’appelle Ecole Habitat d’Abobo non loin du 15è arrondissement face à l’église St François Xavier sur un petit terrain sableux, pas de bonne qualité mais nous avons fait l’incroyable sur ce terrain et nous en sommes fier.

Nous faisons avec les moyens de bord et il faut de gros moyens pour avoir un bon terrain avec une belle pelouse raison pour laquelle pleins de clubs de la ligue ivoirienne n’ont pas de terrain propre à eux.

Mais à l’OSA nous faisons avec et nous sommes fiers d’avoir obtenu en 15 ans ce qu’on espérait obtenir plus loin. Sur ce terrain de l’Habitat sableux, petit mais acceptable, nous avons formé des professionnels et nous espérons avec le temps trouver un terrain vraiment rare et à la dimension de notre centre dans le but de former beaucoup d’enfants pour le bien du pays.

 

L’OSA, est-ce un centre de formation ou un club ?

 

D’abord, que ça soit un centre de formation ou un club, on appelle tout cela équipe. Mais il y a une différence entre un centre de formation qu’on crée et un club qui dans un championnat de 1er, 2e, 3e ou 4e division.

Mais le mien est un centre de formation que j’ai créé en 2001 mais depuis l’an passé c’est-à-dire 2015, j’ai aussi un club qui est basé à Yamoussoukro appelé Club sportif Amza Gamal et je dirai que le centre OSA a aussi un club maintenant qui joue le championnat de district. Du coup, sachez qu’il existe le centre de formation OSA qui existe depuis 2001 à nos jours qui regroupe les jeunes de 8 à 19 ans et à partir de 20 ans pour monter en club.

 

Que faites-vous de vos temps libres ?

 

Pour mon temps libre, je préfère rester à la maison, me reposer, surfer sur internet, discuter avec mes amis partout dans le monde, m’informer aussi de tous les championnats footballistiques et surtout écouter la musique de ma seule idole zouglou, Soum Bill, mon artiste préféré et le meilleur pour moi.

 

Recevez-vous une aide de certains professionnels qui ont fait leurs premiers pas avec vous à l’OSA ?

 

Vous savez, la plus grosse plaie de notre métier c’est l’ingratitude de nos footballeurs.

La majorité des formateurs vit dans la misère la plus totale mais moi je rends gloire à Dieu parce que d’abord j’ai eu beaucoup de professionnels, une trentaine environ (27) et évidemment tous ne peuvent pas être égoïstes et mauvais mais certains essaient de faire du mieux qu’ils peuvent.

D’autres passent nous voir quand ils sont à Abidjan, ils nous apportent des aides matérielles et financières mais la majorité est extrêmement ingrate.

Il y en a avec qui nous avons arrêté d’échanger parce qu’ils estiment avoir réussi n’ont plus besoin de ma personne.

 

Amza Gamal, vous venez de célébrer vos 15 ans d’existence. Quels sont vos sentiments après tant d’années ?

 

Nous avons fêté nos 15 ans le 12 juin passé et ce fut un moment magique et inoubliable. Vous imaginez, 15 ans dans la formation des jeunes dans des situations incroyablement difficiles. Mais nous sommes restés et résistés à toute sortes de souffrances jusqu’au aujourd’hui.

Quinze ans pour avoir tant de professionnels et à notre dernier bilan-anniversaire, on avait la présence de 27 professionnels, une quarantaine de locaux et une cinquantaine d’internationaux.

C’était une joie énorme d’avoir tenu pendant toutes ses années et donc on s’est dit qu’il fallait une fête en grande pompe car beaucoup de centres n’ont pas survécu autant de temps comme nous avec le succès qui va avec.

Nous rendons gloire à Dieu pour cette satisfaction, cette joie, le bonheur et la fierté.

 

Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes dont la plupart passe entre vos mains ?

 

Comme conseils, je demanderai à la jeunesse ivoirienne d’arrêter de s’adonner à la facilité car elle ne la mènera nulle part.

On voit beaucoup de jeunes aujourd’hui faire des mauvaises choses pour de l’argent. Il faut que cela s’arrête.  Qu’ils apprennent à être courageux, qu’ils se mettent au travail. Il n y a pas de sot métier.

On n’est pas obligé d’aller à l’école pour réussir car moi je n’ai pas été à l’école mais je me suis battu. J’ai fait toutes sortes de boulots sans cependant oublier ma passion pour le sport.

Cette passion m’a permis de m’accroché et je ne dirai pas que j’ai tout mais j’ai pu créer mon centre de formation de football et je me plains pas.

 

Annick Boni

 

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