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Itw- Serge DOH :  » Donner une nouvelle dynamique à l’athlétisme »

Serge Doh, ancien athlète international spécialiste du lancer de poids et du disque en 1996, vice-président de la fédération ivoirienne d’athlétisme est candidat à la présidence de la FIA (Fédération Ivoirienne d’Athlétisme). Dans une interview accordée à Sportif225, il nous en apprend un peu plus sur ses ambitions.

 

  • Dans une interview accordée à un site d’informations africaines, vous déclarez que vous avez officiellement quitté la Côte d’Ivoire en 1986. Mais autant par le choix de faire la compétition pour la Côte d’Ivoire que par vos actions sociales, vous revenez toujours : pourquoi ?

Déjà merci de me recevoir. Je suis originaire de la Côte d’Ivoire et même si j’ai grandi en France, je connais mes bases. Comme le dit un proverbe en Côte d’Ivoire : « l’oiseau peut toujours voler mais l’arbre l’attend ». Je suis donc très attaché à mon pays et je n’hésite pas à en faire la promotion partout où je me trouve. C’est donc ce qui a vraiment fait que je reviens toujours vers la Côte d’Ivoire.

  • Déjà vice-président de la FIA, vous annoncez que vous êtes candidat à la présidence de la fédération. Pourquoi ce choix ?

C’est un choix normal surtout quand on connait mon parcours. J’ai d’abord grandi en France et j’y ai commencé l’athlétisme très jeune (87-88). Après, j’ai été membre du comité d’Amiens Université Club. A l’époque, nous gérions déjà plusieurs millions de francs français et le grand meeting de la ville d’Amiens. Aux Etats-Unis, j’ai évolué comme coach pour dire que la gérance au niveau mondial, je la connais ; ayant en plus été pendant 3 – 4 ans vice-président à la fédération (avec d’autres vice-présidents).  Et c’est justement cela qui m’a permis de comprendre mon pays et de voir ce que je peux apporter de mes expériences (américaine et européenne) au développement de l’athlétisme en Côte d’Ivoire.

De plus, l’actuel président ne se portant plus candidat, j’ai jugé utile de saisir l’opportunité pour donner un second souffle et une nouvelle dynamique à cette fédération pour qu’elle aille vers une autre dimension.

  • Peut-on donc dire que vous partez à ces élections avec le soutien de Monsieur Débrimou et des autres vice-présidents ou alors l’on doit s’attendre à une bataille ?

Il n’y a pas d’animosité. La grande famille de l’athlétisme est là. Le président a fini son mandat. Chacun est libre de se présenter. Chacun va donc faire valoir ses idées, avancer ses stratégies et objectifs. Je pense donc que de ce côté-là, il n’y a pas de soutien ou d’animosité : c’est vraiment un open-game comme on dit en anglais. C’est à celui qui parviendra avec ses idées et son plan de développement de l’athlétisme à convaincre les présidents de club qui l’emportera.

  • Selon vous, de quoi a aujourd’hui besoin l’athlétisme ivoirien ? Généralement, les grandes lignes de la presse parlent de ressources financières, mais vous en tant qu’expert, avez-vous un regard particulier sur les besoins de cette discipline en Côte d’ivoire ?

Ecoutez, il n’y pas de développement sans argent. Quand vous voyez tous les pays du monde qui essaient de se développer, ils sont toujours à la recherche d’argent. Il faut se donner les moyens de sa vision.  Il en faudra toujours de l’argent pour évoluer et faire valoir ses idées : n en aura besoin. Pour nous aujourd’hui, il faudra refaire une approche un peu plus terrain. Il faudrait que la mentalité qui fait que les ivoiriens s’intéressent à l’athlétisme depuis l’avènement de Murielle Ahouré et d’autres talents comme Tah Lou Marie Josée, Ben Méité Youssef soient encadrée et prolongée. Cela fait que c’est un travail collégial au niveau des athlètes et nous devons le répercuter au niveau administratif et fédéral.

Il faut une fédération qui fédère réellement. Cet esprit doit renaitre. Il faut unir les uns et les autres qui sont intéressés à développer ce sport.

  • Pour Juin 2017, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les grands axes de votre programme du renouveau de cet athlétisme ivoirien ?

 

Il faut avoir une approche terrain au niveau technique parce qu’on doit faire beaucoup de recrutements. Au niveau national, il nous faut une politique de détection, de promotion et de recrutement des futurs champions, afin d’en tirer les meilleurs dans les différentes catégories pour les compétitions internationales.

Il faut   aussi mettre en place un Tour de Côte d’Ivoire pour la détection, à l’instar de la Jamaïque. Avoir une vraie vision, une volonté politique pour mettre l’athlétisme pas au même niveau que le football mais à un haut niveau pour qu’une partie des ivoiriens puissent le pratiquer.

Une autre partie de mon programme concerne l’encadrement au niveau des loisirs.  Aujourd’hui, les loisirs en Côte d’Ivoire ne sont pas des loisirs qui relèvent de la fédération notamment le footing et la marche qui ne sont pas encadrés alors qu’il y a une partie des loisirs qui peuvent être du ressort de la fédération.

Je m’engage donc à étendre la politique fédérale au niveau de certains loisirs pour créer de l’emploi jeune. Pourquoi ne pas créer des postes pour que dans chaque ville ou quartier d’Abidjan, l’on utilise des étudiants issus de l’INJS comme coaches locaux pour faire du footing organisé et mieux encadré.

Au niveau des entreprises, les team-buildings qui sont aussi du ressort des animateurs la fédération constituent un axe que nous comptons exploiter.

Un gros travail de partenariat avec l’OISSU est dans nos projets. Aujourd’hui j’ambitionne de signer une telle convention pour que l’aspect technique du volet athlétisme de l’OISSU soit out-sourcée et coachée par la fédération de sorte à être gagnant-gagnant avec l’apport des techniciens de la fédération. Cela nous permettra par ailleurs d’avoir un œil sur de futurs champions.

Au niveau international, il nous faut des attaches Sud-Sud (Maroc, Tunisie par exemple…), des attaches avec la France, les USA où le sport-étude est vraiment pratiqué.
Il y a vraiment beaucoup de chantiers à voir pour placer cet athlétisme à une dimensions « sustainable».

  • Vous avez de grands chantiers nous le voyons, mais comment comptez-vous le financer ; surtout avec une parafiscalité toujours insuffisante pour la vie des fédérations ?

Allons déjà pas à pas. D’une part, Nous savons ce que peut faire l’état-providence. Nous allons donc voir avec le ministère quelle part ils peuvent nous accorder par rapport à notre vision nouvelle de l’athlétisme et nos ambitions.

D’autre part, au niveau de la loi sur le sport, aujourd’hui l’on « dé-fiscalise » les entreprises d’un certain montant quand elle sponsorise le sport.  C’est donc des choses que nous devons explorer.  Je ne veux pas être entièrement sous-tutelle du ministère. Nous souhaitons une pseudo-indépendance pour nous organiser et attaquer le marché du marketing, faire adhérer les entreprises à notre vision et leur faire profiter des contreparties qui y sont liées avec de tels outils mis à notre disposition.

Nous devons plus nous axer sur le mécénat plutôt que sur la maigre part que l’Etat nous donne.

  • Prévoyez-vous des réformes ou des actions pour le rappel d’athlètes de double nationalité évoluant dans d’autres pays afin qu’ils rejoignent la sélection ivoirienne ?

 Absolument. C’est une très bonne question dans le sens où j’ai moi-même vécu cette situation étant mineur en France. Cela s’est aussi présenté avec Murielle Ahouré à qui j’ai conseillé de choisir la Côte d’Ivoire. C’est cela aussi le patriotisme.

Pour en revenir à mon programme, il y aura une commission spéciale, au niveau de la Direction Technique National, qui va faire comme au football et aller chercher les ivoiriens évoluant dans l’athlétisme et binationaux, leur parler de l’avantage de rentrer chez eux. Le problème, c’est que souvent, il faut avoir les moyens et les infrastructures pour les accueillir car ils viennent de pays développés.

C’est donc un travail de sensibilisation au corps à corps qui est à mener pour montrer à ces jeunes-là, l’intérêt de rentrer chez eux mais un intérêt qui doit être assez motivé par des choses intéressantes. Nous y pensons et nous allons fortement mener cette politique-là pour qu’un maximum d’ivoiriens à l’étranger puisse retourner en Côte d’Ivoire.

  • Parlons des internationaux sous nos drapeaux et des faibles moyens d’entrainement pour assurer ou maintenir le haut niveau auxquels ils évoluent. On les voit parfois rechercher des sponsors, comment comptez-vous améliorer cela une fois élu ?

Déjà, il y a une nouvelle loi  qui vient de passer au niveau de ministère et qui leur confère un statut de sportif de haut niveau. C’est déjà un nouveau canevas dans lequel ils peuvent et doivent avoir des avantages.

Pour ma part, je préfère qu’il y ait, au-delà de ce statut de sportif de haut niveau, pour services rendus à la nation. Il faudrait que le ministère et le gouvernement soient plus entreprenants en leur donnant un statut de fonctionnaire de haut niveau qui leur garantira une retraite à la fin de leur carrière : en tout cas, c’est ce que moi j’aurais fait.

Mais au niveau de la fédération, avec ce que je viens d’énumérer tantôt par rapport aux sponsorings et à la politique de marketing agressif que nous comptons menés une fois élus vers les sponsors, un système de bourses à destination des athlètes reconnus. Ils en bénéficieront grâce à leur image que la fédération utilisera dans ses campagnes e détonation des mécènes.

  • A propos de ces sportifs (Murielle Ahouré, Tah Lou Marie Josée, Méïté Ben, Ahouré, Ta Lou, Hua Koffi etc, bénéficiez-vous de leur soutien dans cette aventure ?

Oui, je n’ai pas de problèmes avec eux Je les connais très bien, ce sont des petits frères et tous naturellement, nous sommes en phase.

Merci de votre attention et nous vous souhaitons bonne chance pour ces futures élections.

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