Football : Aruna Dindané « Que les droits des footballeurs soient respectés »

Direct comme sur une aire de football, Aruna Dindané ne passe par mille chemins quand il s’agit d’évoquer les intérêts du footballeur ivoirien. Secrétaire général de l’AFI (Association des footballeurs Ivoiriens), l’ancien international revient, dans cette interview, sur la récente affaire des primes impayées aux Eléphants. Très amer sur la question, il va plus loin en dénonçant le traitement peu enviable réservé aux footballeurs de manière générale en Côte d’Ivoire.

Aruna Dindané 2

L’actualité récente du football ivoirien a été rythmée par l’affaire des primes non payées aux Eléphants. Certes, tout est bien qui finit bien (les primes ont été payées), mais on se rappelle que sur le sujet, l’AFI avait élevé la voix pour plaider en faveur des joueurs. Etait-il important pour l’association de poser un tel acte?

Tout à fait. En tant qu’organisation qui défend l’intérêt des footballeurs ivoiriens, nous sommes dans notre droit légitime d’abonder dans le même sens que ces derniers. Ce sont eux les premiers concernés. Ils étaient sur le terrain, ils se sont battus pour nous ramener cette belle coupe qu’on attendait depuis des années. C’est le minimum qu’une association de footballeurs fasse cette annonce.

Sur le coup, avez-vous été frustré ou déçu par ce retard de paiement des primes?

Ce n’est pas de la frustration. Je suis plutôt désolé pour le football en général en Côte d’Ivoire. Les choses de ce genre ne doivent pas exister dans une Nation comme la Côte d’Ivoire. Ça a été une très belle publicité, négativement parlant, dans l’univers du football mondial.

L’AFI envisage-t-elle de prendre des mesures pour prévenir de telles situations à l’avenir?

Il est difficile voire impossible de tout prévenir dans la vie. Mais, comme je l’ai dit tantôt, c’est tout de même dommage qu’on en soit arrivés là. On a causé un gros tort au football. C’est désolant, franchement. Maintenant, l’AFI va se battre aux côtés des footballeurs ivoiriens, pas seulement les internationaux, mais aussi et surtout ceux qui n’ont pas cette chance d’aller monnayer leurs talents à l’extérieur, en Europe notamment. Nous voulons que les joueurs soient respectés à tous les niveaux dans la pratique de leur métier.

Cette situation est certainement un mal pour un bien; elle fait échos à toutes les difficultés (non-paiement des salaires…) que rencontrent les footballeurs au plan local. L’AFI essaie de faire bouger les lignes, mais d’évidence la tâche n’est pas aisée. Mesurez-vous l’ampleur du boulot qui attend l’association?

Absolument. L’existence de ces problèmes est la raison de notre avènement. Moi, par exemple, j’ai joué en Côte d’Ivoire. Après, j’ai eu la chance de faire une carrière internationale. Je suis très bien placé pour savoir comment les choses se passent ici; et je sais de quoi je parle.  Nous sommes en 2015 aujourd’hui; c’est inconcevable, révoltant même que les joueurs du championnat national ne soient pas payés. C’est, d’ailleurs, la raison pour laquelle nous avons créé l’AFI avec le président Cyrille Domoraud, Kolo Touré, Didier Drogba…Bien évidemment, d’autres vont nous rejoindre. Nous allons unir nos forces, pour pouvoir combattre cette situation. Ce n’est pas normal que des joueurs ne soient pas payés pour ce qu’ils font. Ils n’ont que le football comme métier.

Vous évoquez tantôt l’apport attendu des autres joueurs professionnels. Est-ce important pour eux d’appuyer l’association? Si oui, est-ce que vous sentez plus ou moins leur implication à distance?

J’ai déjà commencé à leur parler de l’association, je vais continuer de le faire. Personne ne fera notre combat à notre place. Avec l’expérience acquise au haut niveau, ils sont bien placés pour défendre ceux qui sont ici en Côte d’Ivoire. C’est très important qu’ils s’impliquent.

Avec un peu plus de temps libre, on pourra certainement vous voir sur le terrain au contact des jeunes pour leur parler du bien-fondé de l’association et aller au charbon, si nécessaire!

Il n’y a pas à aller au charbon. Nous menons une action noble et très importante. Le président Cyrille et son équipe font un bon travail que nous saluons tout naturellement. Après, il nous appartient d’appuyer l’existant et apporter du sang nouveau pour que ça puisse continuer.

Que doit-on faire concrètement pour que les conditions des footballeurs ivoiriens changent?

Que faire concrètement? Je pense qu’on ne peut pas parler de ça maintenant. En tout état de cause, des propositions ont été faites, d’autres sont en chemin. Il faut prendre les choses telles qu’elles viennent. Il n’y a pas à imposer quoi que ce soit. L’important, c’est que les droits des footballeurs soient respectés. D’ici peu, j’espère que ceux qui se rendent coupables de certaines légèretés comprendront la nécessité de payer les joueurs. Ils doivent éviter de faire aux autres ce qu’ils ne souhaiteraient pas qu’on leur fasse.

Vous êtes à l’origine de la création de l’AFI. Pour un petit bilan partiel, pensez-vous que l’association progresse, ou bien il y a plutôt du boulot à faire?

Certes, nous sommes sur la bonne voie. En même temps, il y a encore du chemin devant nous. Aussi, avons-nous la perpétuelle envie de bien faire. Raison pour laquelle, nous n’allons pas nous satisfaire totalement de ce qui a été a déjà réalisé.

Avez-vous un appel à l’endroit des footballeurs ivoiriens?

Dans notre progression, nous avons eu à défendre des joueurs avec succès. Mais, l’important à tous les niveaux, c’est de comprendre que cette association existe pour le bien de ces footballeurs, et rien d’autre. Nous voulons faire en sorte que leurs droits soient respectés et qu’ils vivent décemment de leur métier. Il n’y a pas d’animosité envers qui que ce soit.

 

AFI

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