Le ballon d’or africain : pour l’Europe ou l’Afrique ?

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Le «Ballon d’Or Africain » est une récompense décernée annuellement à partir de 1970 et jusqu’en 1994 par le magazine « France Football«  au meilleur footballeur africain. Le trophée est attribué à chaque fin d’année civile par le vote d’un collège africain. Le dernier Ballon d’Or Africain France Football est décerné en 1994. Depuis 1992, le meilleur joueur africain est distingué par le titre de « Joueur Africain de l’Année » décerné par la Confédération Africaine de Football (CAF).

Jusqu’à aujourd’hui, deux joueurs ivoiriens ont pu s’offrir ce prestigieux titre individuel : Didier DROGBA (2006 et 2009) et Yaya TOURE (2011, 2012 et 2013). Samuel ETO’O, le camerounais étant le plus titré avec 4 titres (2003, 2004, 2005 et 2010).
Mais il y a un fait qui inquiète de plus en plus : le cas de nos footballeurs ivoiriens qui ont tout remporté avec leurs clubs mais qui peinent à ramener ne serait-ce qu’une CAN (Coupe Africaine des Nations). Intéressons-nous aux palmarès de nos deux superstars ivoiriennes :

– Didier DROGBA : avec Chelsea FC : 12 trophées ; avec Galatasaray : 2 trophées et les distinctions individuelles : au moins 20 titres.
– Yaya TOURE : avec l’Olympiacos le Pirée : 2 trophées ; avec le FC Barcelone : 7 trophées ; avec Manchester City : 5 trophées et les distinctions individuelles : au moins 7 titres.

La problématique qui se pose donc concernant la désignation du Ballon d’Or africain est la suivante : « Qui mérite vraiment ce Ballon d’Or africain ? ». Est-ce celui qui n’a que de grosses performances sur les pelouses des clubs européens ? Est-ce celui qui n’excelle qu’en sélection nationale ? Est-ce celui qui est à la fois très performant en club et en sélection ? La question mérite d’être posée !

Nous nous demandons si les critères de désignation par vote pour la désignation du meilleur joueur africain ne tiennent pas compte des performances en équipes nationales lors des compétitions et éliminatoires de la zone Afrique. Nous sommes bien loin de l’époque ou nos meilleurs joueurs africains donnaient tout pour défendre les couleurs de leurs nations. Nous avons de grands exemples qui faisaient l’unanimité tant en clubs qu’en sélections : Abedi Pelé (1992), Rashidi Yékini (1993), Nuankwo Kanu (1996), Mustapha Hadji (1998), Patrick Mboma (2000) et bien d’autres.

A quelques jours du Mondial 2014 au Brésil et à quelques mois de la CAN 2015, nous ivoiriens savons déjà que notre Yaya TOURE aura son quatrième Ballon d’Or Africain. Mais nous sommes toujours restés sur notre faim au vu de ses prestations sous le maillot orange, et c’est le cas pour la grande majorité des éléphants. On espère vraiment qu’il nous donnera tort lors de ce mondial en montrant qu’il est vraiment le meilleur joueur africain.
« Etre monstrueux dans les stades européens et ne pas faire montre de son talent sur les pelouses africaines et en équipes nationales ». On finit par se poser cette question : A quel continent appartiennent-ils au juste ? Europe ou Afrique ?
Cependant il y a très souvent une injustice quelque part. Et si on ramenait cette distinction aux footballeurs africains performants en Afrique, que ce soit en clubs ou sous les couleurs des sélections nationales ? Comment comprendre que le milieu offensif égyptien Mohamed Aboutrika n’ait jamais été Ballon d’Or Africain ? Cela malgré son palmarès éblouissant sur le sol africain ( 28 trophées avec Al Ahly SC, 2 CAN avec l’Egypte et au moins 12 distinctions individuelles). Peut-être que l’handicap d’Aboutrika a été de ne pas jouer dans un club européen. Que dire du capitaine Chris Katongo, véritable guerrier de l’équipe zambienne et meilleur joueur de la CAN 2012 ? Que dire de tous ces joueurs africains qui se défoncent et se subliment pour porter haut leurs couleurs nationales ?

La Coupe d’Afrique des Nations et les autres compétitions africaines doivent être les lieux indiqués pour distinguer les meilleurs. Car c’est là que les meilleurs joueurs du continent ont l’opportunité de se mesurer les uns face aux autres et non dans les grands clubs européens où il y a tout pour réussir dans de gros effectifs. Sinon nous continuerons d’assister au « Ballon d’Or Euro-Africain » qui n’est pas forcément le «Joueur Africain de l’Année ».

Aubin A. GUEU

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