Handball / Pacôme Kipré: « Redorer le blason du Handball Ivoirien’’ (1)

Handballeur international ivoirien

Autrefois dans notre pays, le Handball faisait parti des sports roi. Il passionnait et drainait des foules. Mais à présent, il a perdu sa belle teinte et s’enlise davantage. Témoin de cette période de vaches grasses, l’ivoirien Pacôme Christian Kipré, pivot au Paris Sport Club, nous livre un interview sans détours. Il reste nostalgique de cette époque au cours de laquelle les dirigeants, par leur densité, faisaient des handballeurs et handballeuses de petits rois et reine de la petite balle.

Interview

Pacôme Kipré, vous êtes handballeur vivant en France, pouvez vous nous retracer votre parcours. Je suis handballeur vivant en France depuis 1996 et formé par le système » Sports et Etudes » du collège moderne 2 de Dabou, dirigé à l’époque par M Mamadou Fofana, appelé affectueusement  « tonton Bayard« . Nous étions tous ses pupilles et avions été hébergé chez lui à l’internat. Je lui rends un hommage vibrant car c’était un professionnel, un visionnaire soucieux de notre formation scolaire et sportive. Inscrits de fait à l’internat, les soirs étaient réservés aux entraînements. C’est le moule dans lequel j’ai été formé, par de grands techniciens de la famille du handball ivoirien.

Quels sont les équipes dans lesquelles vous avez évolué ensuite ? J’ai débuté dans l’écurie Red-Star sans avoir été pour autant drafté parce que j’avais fait le choix de mes études. C’est notamment dans le championnat OISSU, qui était un excellent tremplin, que j’ai fais mes armes. J’ai été jeune joueur de talent dans les championnats intercommunaux avec Port Bouet et Yopougon. C’étaient de très belles années, elles ont vu naitre de nombreux handballeurs qui ont eus une très belle carrière par la suite.

Pourquoi avoir choisit le handball parmi tant de disciplines ? Le sport chez nous c’est une affaire de famille. Mon père a été champion d’Afrique Occidentale de Football, trois de mes aînés ont été des handballeurs. J’ai été nourri dans cette atmosphère là, ce qui faisait qu’on passait nos weekends au palais des sports. De là est né ma passion pour la chose.

En France vous évoluez au niveau départemental. Pouvez-vous nous présenter le club dans lequel vous jouez ? Je suis au Paris Sport Club. Une équipe conviviale et familiale basée dans le 20 ème arrondissement. Ce club m’est cher. Lorsque ma coach Isabelle Penafiel a reçu le courrier de ma sélection en équipe nationale, elle m’a célébré avec tout le club en me mettant sur la vitrine (…) Voilà un geste qui m’est allé droit au cœur. Elle est allée plus loin en mettant sur le site du club « l’Abidjanaise » (l’hymne nationale) avec un magnifique article accompagnant la chose. Je lui dis merci parce que aujourd’hui j’ai la culture de la gagne qu’elle m’a inculqué. Un grand merci aussi à deux coachs qui m’ont achevé: Damien Parmentier et Steeve Lescot, de grands techniciens de mon monde qui ont fait pétrir leurs doigts dans un style de jeu que j’avais pour le rendre à l’image de leur bagage.

Quelle est selon vous la première qualité que doit avoir un bon handballeur? Le bon handballeur est un baroudeur fin. La culture de la gagne doit être dans un esprit fin. Notre première qualité doit être d’avoir une vision de lynx. Le handball est un jeu dans lequel les espaces se bonifient pour trouver les failles vers le filet. En vocabulaire adapté, on parle d’intervalles. C’est autant valable pour les arrières que pour les avants.

Parlons à présent du handball Ivoirien. Comment jugez-vous son évolution? Il y a tellement à dire sur ce volet (…) Pour moi qui suis un témoin de la petite balle, je dois vous dire que le handball ivoirien a cessé de vivre depuis que les dirigeants « grosses cylindrés » sont partis. Les Niamkey, Anney Kablan, Arkhurst et autres étaient des hommes soucieux de voir ce sport se développer chez nous. Les ministres René Diby et Fologo ont été des acteurs majeurs de l’émergence du handball ivoirien. 3 coupes d’Afrique chez les dames (dont une en junior en 81 et senior en 87 et 95) un titre de vice champion d’Afrique chez les hommes en 81 (…) Les mauvaises fois et autres volontés néfastes se sont emparés de la chose pour en faire de l’alimentaire (…) Comment on peut concevoir déjà de faire jouer des athlètes de haut niveau sur des terrains inadaptés avec des vestiaires sur le gazon. Manque de respect pour les joueurs et joueuses qui sont obligés de s’emmailloter là, devant les yeux d’autrui (…) C’est un état d’esprit qui choque et qui peut tuer la flamme d’un joueur. Enfin, franchement, pour reprendre le chantier, il y a un énorme boulot à faire et il faut carrément repartir à l’école pour apprendre. Ne l’oublions pas, c’est de chez nous que sont partis de grosses pointures étrangères comme Olivia Anta, Nadia Loubacky ou encore Christiane Mwassessa.

Que faut-il alors faire pour que cette discipline retrouve ses lettres de noblesse? Déjà, il faut mettre à disposition les infrastructures pour que les athlètes que nous sommes en train de « tuer » se retrouvent. C’est aberrant de savoir que le palais des sports est fonctionnel et que d’autres manifestations s’y déroulent (comme « Le Salon Des Métiers » par exemple au mois de mai dernier) et que, pour des compétitions sportives, on ait pas l’accès. Essayez de me donner les raisons de cette façon de gérer les choses! Le système Sport/Etudes, initié par Baldino avec les filles de Bouaké Abinader Djamo Djamo, a montré son excellence. On a vu sur les terrains les prouesses des filles comme Mariam Koné, Namama Fadiga, Kramo Désirée, Djoman Emilie qui étaient, pour ne citer que celles là, de son écurie. A Dabou, la génération de Blé Angèle, Bathenin Doumbia et autres Gouna Irié étaient un miel de la chose. Sur Bassam, Vodungbo Julienne a menée la danse et, comme ça dans beaucoup de villes, il y avait une élite. Il faut remettre tout cela avec un suivi professionnel au gout du jour.

Anselme Blagnon

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