Interview / Handball, Yorick Aubyang (International Gabonais) : ‘’ Reculer pour mieux sauter’’

Yorick Aubyang est un nom bien connu du handball Gabonais. L’international âgé de 21 ans, est rentré dans son pays, après avoir fait ses preuves à Al Montada, une équipe de 1e division marocaine. 3 fois champion du Gabon et vainqueur à 3 reprises de la Coupe nationale, il compte enrichit son palmarès d’autres trophées. Dans une interview accordée à Sportif225, le jeune prodige du handball Gabonais parle de ses débuts et de son aventure marocaine.

yorick

 

A quel âge avez vous commencé la pratique du handball et pourquoi l’avoir choisi parmi tant de disciplines?

J’ai commencé à pratiquer le handball à l’âge de 9 ans. Bien avant à 6 ans, j’étais dans une école de football fondée par un antillais à Port Gentil, la capitale économique du Gabon. Il faut dire que j’ai longtemps hésité entre le football  et le handball parce que j’ai été en sélection minime de ma province et j’ai joué en D2.

Petite anecdote, lors d’un match amical avec des étudiants camerounais à mon arrivée au Maroc, l’entraineur adjoint de Raja à Casablanca m’a approché pour que je puisse intégrer l’équipe réserve. Je lui ai signifié que je jouais au handball dans un club de D1, ce qui l’a surpris. J’ai passé les essais mais malheureusement mes dirigeants de l’époque n’ont pas accepté que je pratique le football et le handball à la fois.

Pour revenir à votre question, j’ai des frères qui pratiquent la discipline. A la fin de leurs séances d’entraînements, mes amis et moi jouions au football avec leur balle. Leur coach nous a demandé une fois ce que nous faisions, nous lui avons menti lui disant qu’on voulait apprendre à jouer au handball. Il nous a dit que la décision tombait à point nommé.  En effet, il y avait des jeunes qui devaient se rendre à Libreville pour participer à un tournoi à l’issue duquel les 20 meilleurs allaient être retenus pour une compétition en Italie. Le simple fait de nous rendre à la capitale puis en Italie nous a motivés. Nous nous sommes entrainés et avons été retenu à l’issue du tournoi pour intégrer un centre de formation. A la sortie du pôle cadet, j’ai repris le foot en D2. Je pratiquais les 2 sports, tout en prenant l’engagement de me consacrer à la première discipline qui allait me faire signer un contrat professionnel.

Quel a été votre parcours après le centre de formation ?

Après avoir intégré le pôle cadet sport étude fondé par l’état Gabonais en 2000, j’ai signé dans un club de 1ère division de mon pays: le CMS (Centre Mberi Sportif). C’est avec ce club que j’ai joué ma première coupe d’Afrique. En 2009, j’ai signé dans le club marocain de Al Montada avant de revenir après la CAN 2014 à Phoenix au Gabon. En équipe nationale, il y a eu plusieurs participations à des compétitions internationales.

Après la Can 2014, vous décidez de retourner au pays, qu’est ce qui a motivé votre décision ?

Je suis revenu au pays après m’être entendu avec les dirigeants de Phoenix handball. Ils m’ont fait savoir que le fait de signer avec cette équipe allait encourager d’autres grosses pointures du handball gabonais à rentrer au pays. Nous avons trouvé des accords et en plus, il y a de belles perspectives.

Quel bilan faites-vous de la participation de votre équipe au championnat 2013-2014 ?

Le bilan est positif vu que nous sommes une nouvelle équipe avec des joueurs qui n’avaient pas joué ensemble auparavant. Nous avons terminé vice champions, c’est bon à prendre pour une jeune équipe.

Comment   préparez vous la coupe nationale, et quels sont vos objectifs ?

Nous les préparons dans des conditions difficiles vu le manque d’infrastructures des clubs au pays. Nous sommes obligés de nous préparer sur des terrains extérieurs. Dans l’ensemble, ça va. Notre objectif c’est de remporter cette coupe et offrir à nos dirigeants, surtout la fondatrice qui fait beaucoup pour le club, un trophée . Cela nous permettra de terminer la saison 2013-2014 en beauté. La pression est forte surtout que la section féminine du club règne depuis 3 ans sur le handball féminin du Gabon.

Rentré dans votre pays comment jugez vous le niveau du handball?

En toute honnêteté, je trouve qu’il a régressé contrairement à nos débuts.

Ne craignez vous pas que cela se répercute sur votre jeu car vous rentrez d’un pays où le niveau est considérablement élevé?

Oui, c’est clair. C’est malheureusement le prix à payer. Comme je vous l’ai signifié, je suis revenu suite aux accords trouvés avec les responsables du club. Et puis il faut reculer pour mieux sauter. Je pense que le championnat va évoluer au fil des années avec l’arrivée d’autres joueurs en provenance de différents championnats étrangers. A Phoenix par exemple,  nous évoluons avec des internationaux venus de la RDC, du Togo et du Burkina Faso.

Que proposez-vous pour son avancement?

Je pense qu’en Afrique noire, hormis l’Angola, on a tous les mêmes problèmes. Il faut plus de moyens déjà. Ensuite professionnaliser les championnats. Cela va permettre à plusieurs joueurs partis à l’étranger, de revenir faire les beaux jours de leurs championnats comme c’est le cas actuellement au football. De nombreux joueurs professionnels qui évoluaient en Europe sont rentrés au pays parce qu’ils gagnent bien leurs vies au Gabon. Il nous faut nous inspirer de ces exemples. Si ça marche dans un pays comme l’Angola, ça peut aussi marcher dans d’autres pays.

Que retenez-vous de votre passage au Maroc ?

Cette expérience m’a façonné et m’a permis de gagner en maturité tant au plan au sportif que mental. J’ai été déçu quand j’ai appris que mon président d’alors ne voulait pas me libérer malgré les offres de certains clubs Européens. Mon contrat stipulait que je pouvais m’engager dans un autre club hors du Maroc après 1an. Malheureusement, cela n’a pas été respecté. Cette attitude m’a poussé à rentrer au Gabon et accepter l’offre de la première responsable de Phoenix.

Pouvez vous nous ressortir quelques moments forts de votre carrière, ceux qui laissent une marque indélébile ?

Il y a plusieurs souvenirs, je peux citer entre autres la qualification pour le mondial, Puis la 1ere coupe du Gabon qu’on a gagné, j’étais très jeune, et le plus beau c’est quand j’ai marqué en coupe d’Afrique au Maroc face à un club Camerounais à 10 secondes de la fin du match. Le but qui nous a permis d’aller pour le 1ere fois en quart de finale. Il y a également, le championnat national remporté face au club rival de Port Gentil, les 14 buts inscrits face à Chartres Mainvilliers, un club français. Je n’oublie pas, nos victoires face au GSP d’ Algérie l’un des meilleurs clubs africains de handball. La victoire au Jeux Africains de Maputo face à l Algérie et la finale perdue au grand tournoi junior de l’Italie m’ont laissé d’énormes souvenirs.

Connaissez-vous Abidjan ? si oui quels souvenirs vous gardez de la ville?

Hé ! j’ai fait Abidjan à 2 reprises. La première fois c’était avec mon club, à l’occasion d’une coupe d’Afrique de clubs. J’avais 14 ans et c’était ma toute première coupe d’Afrique de clubs. J’y suis revenu à la faveur de la Coupe d’Afrique des Nations junior. J’ai peu de choses à dire sur la ville. Vu qu’on n’a pas le temps de se promener quand nous sommes en   déplacement. Je retiens que le public est très chaleureux et accueillant. J’ai été plus marqué par un monsieur, c’est un supporter de l’Africa Sport, lui seul peut animer une équipe toute entière dans les tribunes. En plus d’être très marrant je le trouve Il est génial.

Nous vous remercions pour votre disponibilité, votre mot de fin.

Comme mot de fin, je dirai que le sport va vite, mais quand on sait où on va et ce qu’on veut tout est possible. A tous les jeunes sportifs, comme moi qui rêvent de réussir dans leurs disciplines, je dirai qu’il n’ ya que le travail qui paye. Je les encourage à tous remettre entre les mains de Dieu. Comme on a coutume de le dire: « l’homme propose, Dieu dispose. »

Anselme Blagnon

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