Fané Moussa: l’espoir du rallye ivoirien

Pendant que tous les jeunes de son âge rêvent de devenir des footballeurs professionnels, Fané Moussa a choisi le rallye.

Intelligent, réaliste et solide mentalement, Moussa assume son choix mordicus. Il nous a ouvert les portes de son domicile familial dans le cadre d’un entretien exclusif.
Sportif225 : Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Mon nom c’est Fané Moussa. Je suis co-pilote de Rallye.
Sportif225 : Comment définis-tu le métier de co-pilote ?
Bon ! Le métier de copilote pour moi, c’est le plus difficile car c’est lui le véritable indic de tous les contours du rallye pendant que le pilote  est accroché au volant. Pour moi, c’est le côté technique. Mais on y arrive quand même.
Sportif225 : Depuis quand pratiques-tu le rallye ?
Je pratique ce sport depuis novembre 2011, à la faveur du Rallye Assinie.
Sportif225 : Qu’est-ce qui t’as poussé à choisir ce sport ?
C’est le vieux qui a été notre (ndlr : ses frères et lui) motivation. Il a commencé le Rallye depuis 1983. Quand on était tout petit, on allait avec lui pour regarder . C’est par là que l’amour du rallye est venu. En somme, c’est notre père qui nous a mis dans le rallye, mes frères et moi.
Sportif225 : Qui est ton modèle dans l’automobile en Côte d’Ivoire et dans le monde ?
Ici, mon modèle c’est le copilote David Israël. C’est lui m’a appris les bases de ce métier et je veux être comme lui. Dans le monde, mes pilotes favoris sont Sébastien Loeb et David Elena.
Sportif225 : L’automobile est un sport coûteux, comment arrives-tu à t’équiper ?
Le sport est coûteux : les voitures sont chères, les pièces de rechange sont chères. D’ailleurs, on ne les trouve pas ici. Il faut toujours passer les commandes en Europe. Mais, avec ceux qui nous donnent un peu d’argent et nos petites affaires, nous arrivons à surmonter les dépenses.
Sportif225 : Quels conseils le vieux vous prodigue avant vos courses ?
Il nous dit toujours : «Allez-y doucement, parce que ce sont vos débuts. Vous ne pouvez pas dépasser quelqu’un actuellement. Tous ceux que vous voyez sont des anciens et vous êtes encore des nouveaux. Roulez doucement et essayez de vous habituer à la voiture et aux circuits ! Et peu à peu, vous serez des champions. »
Sportif225 : Parlons du Bandama 2013 que vous avez remporté avec votre père.
Certains diront que nous avons eu de la chance. Mais dans le sport mécanique, il y a aussi la préparation. J’explique ce qui s’est passé : Il y avait Soum (ndlr: Soumahoro Moriféré) qui était favori, Gary Chaines qui était favori, le Rwandais Davite GianCarlo (ndlr :vice-champion d’Afrique) était aussi favori. Nous faisions partie des outsiders. A la première étape, avec la pression, Soumahoro Moriféré a fait une sortie de route. Gary, par déconcentration pendant la deuxième spéciale, a également fait une sortie où il a eu un problème mécanique. Il est resté le Rwandais Davite GianCarlo et nous.

Le dimanche, il y avait entre lui et nous quelques minutes d’avance en sa faveur. On s’est battu mais on n’a pas pu le rattraper car on avait un problème avec la pompe à injection. A cet instant, tu ne peux pas dire que tu peux rattraper quelqu’un parce qu’il reste 9 petits kilomètres à parcourir pour arriver. Nous nous sommes donc adaptés à la situation pour terminer à une honorable deuxième place.  Cela a  encouragé les sponsors à nous aider à mieux nous préparer pour 2014. C’est à 3 kilomètres du terme qu’on a vu le Rwandais avec son capot pour un problème mécanique. Nous étions contents parce qu’on venait de gagner le Rallye Bandama 2013.
Sportif225 : Quels sont tes moments de peines et de joie dans le Rallye ?
Mon premier moment de peine c’est le Bandama 2014. On a échoué après seulement deux minutes de course à cause d’un problème mécanique. On a dû abandonner malgré nous. Il y a aussi le Rallye de Grand-Lahou , mon premier Rallye avec mon père, dans lequel on était bien lancé mais après seulement 3 kilomètres, on a eu un problème mécanique et on a fait une sortie de route. Ce sont ces deux moments qui m’ont fait souffrir.
Mon plus grand moment de joie est le rallye Bandama 2013 qui reste inoubliable .
Sportif225 : Quelle est ton actualité ?
Actuellement, je suis avec le vieux dans son entrepôt. On travaille ensemble dans un garage où on prépare toutes nos voitures de rallye. Et on s’entretient avec nos sponsors qui sont des entreprises de la place. Pour le moment, c’est ce que je fais.
Sportif225 : Que peux-tu dire aux jeunes ivoiriens qui hésitent à embrasser le sport automobile ?
Je voudrais dire aux jeunes ivoiriens de mon âge que le rallye est un sport qui est très passionnant. Je les invite à s’y intéresser parce qu’on y apprend beaucoup, on se fait des relations et on gagne aussi.
Sportif225 : Ton mot de fin
Mon souci aujourd’hui, c’est que tout le monde (la population, le Ministère) est focalisé sur le football. C’est vrai, le football est le sport universel, incomparable. Mais je demande que nos autorités s’intéressent aux autres disciplines sportives. Pas forcément au rallye mais en Côte d’Ivoire, il y a d’autres disciplines qui font honneur . Je demande au Ministère d’aider les autres fédérations sportives pour que la Côte d’Ivoire soit un pays développé sportivement. C’est mon message pour le sport ivoirien.

Propos recueillis par Abass Traoré

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