Interview /Athlétisme Pacôme Yapo: ’’Donner le meilleur de moi-même pour réaliser mon rêve’’

A 25 ans et du haut de ses 1m80, Yapo Kimou Pacôme évolue depuis 2 saisons sous les couleurs l’ASD, Association Sportive de la Douane au Sénégal. Pratiquant de l’athlétisme depuis l’école primaire il vit à fond son amour pour cette discipline. Petit détour du côté de la Teranga afin de mieux faire connaissance avec le sportif, qui a participé à plusieurs compétitions sous régionale.

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Pacôme Yapo

Pouvez-vous présenter à nos lecteurs?
Je me nomme Yapo Kimou Pacôme Eric, je suis athlète Ivoirien vivant au Sénégal. Les 100 et 200m sont mes spécialités. L’athlétisme est une discipline que je pratique depuis l’école primaire.

Qu’est ce qui vous a poussé à choisir ce sport?
Beh ! Depuis ma tendre enfance j’adore courir. J’ai toujours été présent aux compétitions où il s’agissait de courir. Et, comme à l’école primaire dès la classe de CE2 (Cours Élémentaire de 2e année), nous dévions choisir un sport pour représenter notre établissement au niveau des jeux de l’OISSU. J’ai naturellement opté pour l’athlétisme, en plus j’étais gros je voulais également prouver aux camarades de l’école que je pouvais pratiquer une discipline sportive en dépit de mon poids.

Quel a été votre parcours ensuite ?
Depuis l’école primaire je n’ai jamais cessé de pratiquer l’athlétisme. C’est devenu une passion pour moi, comme un virus dans mon sang. A la fin de mes études primaires, mon premier club fut Metalivoire. Je suis ensuite passé par la SIR et le Stade d’Abidjan avant de me retrouver au Sénégal.

Depuis combien d’années résidez-vous au Sénégal et dans quel club évoluez-vous au pays de la Teranga?
Cela fait exactement 2 ans que je suis sociétaire de l’Association Sportive de la Douane. C’est un club bien structuré avec une diversité d’athlètes en provenance de plusieurs pays.

Comment s’est passé votre intégration?
L’intégration s’est faite très facilement, parce que j’étais déjà en contact avec certains athlètes que j’avais auparavant rencontrer lors des compétitions. Je leur avais parlé de mon désir d’évoluer dans un club bien structuré. En plus, ma coach m’avais déjà vu competir. En sommes, les choses se sont très bien passées.

Pourquoi avez-vous décidé de quitter la Côte d’Ivoire au profit du Sénégal?
Plusieurs raisons sont à la base de ce choix. Il y’a entre autre le manque de coach qui constitue un gros problème au niveau de la fédération, les problèmes entre coaches et Ligues qui ont des répercussions sur les athlètes, le manque de compétitions pour mettre les athlètes à niveau et des stigmatisations difficiles à digérer.

J’ai constaté que les athlètes évoluant à l’extérieur étaient plus favorisés par rapport à ceux évoluant sur le plan local. A Dakar les conditions sont réunies pour évoluer sans pour autant aller en Europe. Il y a plusieurs compétitions importantes qui sont organisées ici. Ça fait monter l’adrénaline et nous donne la force de nous surpasser.

Votre présence à Dakar a t’elle eu des répercussions sur vos performances?
Oui! Depuis mon intégration à l’ASD, j’ai beaucoup évolué mes performances. J’ai participé aux championnats régionaux et nationaux. J’ai passé les étapes des séries et des demi-finales. J’ai couru en 10’’89 sur les 100m et en 22’’66 au niveau des 200m. Le fait de n’avoir pas vite débuté la saison avec les autres athlètes a constitué un handicap pour moi.

Quel bilan faites-vous de la saison écoulée ?
Le bilan est positif, les performances sont bonnes, Je m’améliore tout doucement et je remercie le seigneur et ma coach pour cela. Depuis que je suis sur le sol sénégalais, mon amour pour le sport est encore plus, parce qu’ici nous avons tout le matériel nécessaire pour évoluer, nos entraîneurs sont disponibles. Des équipements sportifs nous sont offerts chaque saison, financièrement nos dirigeants nous mettent dans de bonnes conditions.

Pourquoi ne participez-vous pas aux championnats d’Afrique qui se tiennent au Maroc?
Concernant les championnats d’Afrique du Maroc, je n’avais pas envoyé mes performances au pays à temps.

Comment jugez-vous les athlètes présents à la compétition?
Ce sont les meilleurs qui y sont. Les médailles obtenues par les athlètes ivoiriens le témoignent. J’aurais voulu que des athlètes évoluant sur le plan local soient parmi les sélectionnés.

A votre avis que faut-il faire pour redynamiser l’athlétisme sur le plan local?
Je pense que l’Etat doit s’impliquer, pour redynamiser ce sport qui fait honneur à notre patrie. Je suggère qu’on ait les entraineurs et dirigeants qu’il faut pour encadrer les athlètes qui sortent du lot. Il faut également organiser beaucoup de compétitions au niveau local et donner la chance à l’athlète de participer à au moins une compétition internationale quand il réalise de bonnes performances.

Quels sont vos athlètes préférés ?
Il y a d’abord feu Gabriel Tiacoh, je l’adore c’est mon idole. On m’a même dit qu’on a les mêmes jambes. Il y a également Asafa Powell et Veronica Campbell-Brown.

Comptez-vous revenir en Côte d’Ivoire la poursuite votre carrière?
Je n’hésiterai pas à le faire si les conditions sont réunies et qu’on traite les athlètes à leur juste valeur.

Comment trouvez-vous le niveau de l’athlétisme au Sénégal?
Il est très très élevé. Le Centre d’ Athlétisme de haut niveau de DAKAR, s’y trouve. Il regroupe des athlètes de divers pays. La championne Armande Telemontcho est dans ce centre. Elle est entraînée par un coach ivoirien. C’est l’un des meilleurs au monde. Il y également des athlètes en provenance d’Europe qui viennent pour s’entrainer dans le centre. Le World Challenge, l’un des plus grands meetings se tient au Sénégal sans oublier les meetings locaux. Tous facteurs participent à l’évolution de l’athlétisme Sénégalais.

Comptez-vous intégrer ce centre de haut niveau?
C’est un rêve. C’est l’une des raisons de ma présence à Dakar. Je compte donner le meilleur de moi-même pour le réaliser.

Quelles sont les conditions pour l’intégrer?
Il faut courir les 100 m en dessous de 10″50 et le confirmer a une compétition internationale. En plus de cela, il faut être proposé par son pays d’origine.

Quels conseils donnez-vous à vos amis évoluant au pays?

Je leur demanderai de forcer le destin, il faut qu’ils croient en eux. Je conseille à mes amis de ne pas se mêler à des histoires opposant les entraîneurs, dirigeants de clubs aux membres de la fédération. Je suis prêt à les accueillir ici s’ils le désirent, c’est pour l’honneur du pays.

Merci. Le mot de fin…
Je voudrais demander à l’Etat Ivoirien de mettre tous les sports au même niveau. Aux sponsors, je dirai que l’athlétisme est un sport comme tous les autres, il faut qu’ils nous soutiennent, nous sponsorisent pour donner la chance à de nombreux jeunes pleins de talents qui arrêtent le sport, faute de moyens et de suivi. Au niveau de la fédération, il faut renforcer les capacités des entraîneurs en les envoyant en stage pour mieux encadrer les athlètes locaux. Il faut regrouper les meilleurs athlètes pour avoir une bonne relève par l’organisation de nombreuses compétitions locales. Il ne faut pas se consacrer uniquement aux athlètes qui viennent d’Europe mais plûtot une bonne politique d’encadrement. A ce rythme, la Côte d’Ivoire retrouvera son lustre d’antan.

Anselme Blagnon

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